louange

La prière eucharistique est le cœur de la messe. Chaque dimanche, chaque jour, cette grande prière est introduite par le dialogue du prêtre et de l’assemblée : « Élevons notre cœur ! – Nous le tournons vers le Seigneur. – Rendons grâce au Seigneur notre Dieu ! – Cela est juste et bon. » Et le célébrant insiste : « Vraiment, il est juste et bon, il est nécessaire et salutaire de te rendre grâce… »

Les deux derniers mots sont omis dans la version française du Missel. On espère qu’ils seront rétablis dans la prochaine édition. En tout cas adoration, louange et action de grâce ne sont pas facultatives. Elles sont la prière incessante du Ciel, comme en témoignent les hymnes qui ponctuent les visions du livre de l’Apocalypse. Et l’Église de la terre est invitée à se joindre à ces acclamations. 

Trop souvent nous réduisons la prière à la litanie de nos intentions et de nos lamentations. La supplication n’est pas interdite, bien sûr. À condition d’être enveloppée par la miséricorde du Seigneur : « En toute circonstance, priez et suppliez avec action de grâce pour faire connaître à Dieu vos demandes » (Ph 4, 6). « Soyez assidus à la prière : qu’elle vous tienne vigilants dans l’action de grâce » (Col 4, 2).La prière chrétienne est toujours contemplative. Omettre la louange n’est pas juste, car c’est oublier les merveilles de Dieu et le Christ lui-même, qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20). La louange est un acte de foi, elle est la foi en acte. En outre, ne pas chanter Dieu, ce n’est pas bon. Pas bon pour la santé spirituelle, car l‘âme qui se centre sur elle-même et ses soucis ne s’élève pas. Ni pour la santé psychique, car les « problèmes » certes nombreux et parfois très lourds n’ont plus le contrepoids de l’émerveillement et de l’espérance. Ni même pour la santé physique, car on finit par manquer d’air : chanter au moins intérieurement sous le souffle de l’Esprit Saint est thérapeutique !

La prière de Jésus est une puissante intercession, avec un grand cri et dans les larmes(He 5, 7).Mais ce cri dont on a l’écho dans le récit de la passion selon saint Matthieu et selon saint Marc est aussi, au témoignage de Luc et de Jean, un cri d’amour, d’offrande et de victoire : En tes mains je remets mon esprit ; tout est achevé.La louange est la tonalité foncière du dialogue entre le Fils bien-aimé et Abba,le Père bien-aimant. Au retour des 72 disciples : Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ! (Lc 10, 21).Et même devant la tombe de Lazare : Père, je te rends grâce, car tu m’as exaucé ! (Jn 11, 41).Mais surtout au moment d’offrir sa vie, le soir du Jeudi saint : Père, glorifie ton Fils, pour que le Fils te glorifie ! (Jn 17, 1).Chanter Alléluia n’efface pas les larmes. Pas encore (Ap 21, 4). Mais cela met dans le cœur un sourire. Ineffaçable.

Famille Chrétienne n° 1209

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir