Le confinement met à l’épreuve les disciples du Christ. La foi chrétienne est sous le signe de la rencontre. Le Verbe se fait chair. Chaque sacrement est un geste du Ressuscité, et l’Eucharistie est plus qu’un geste : une offrande, une présence. Par ces rites, nous sommes divinement touchés pour devenir touchants à notre tour. Le cœur à cœur de la communion naît du corps à corps de la rencontre. Elle ne peut pas être virtuelle ! 

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Tous les évangiles de Pâques, dans la diversité des témoignages, affirment que le corps du Christ a disparu : il n’est plus dans le tombeau, « il n’est pas ici » (Mc 16, 6). En même temps ils affirment que le Ressuscité est « là », avec son corps. Il peut se donner à voir et peut-être même à toucher. Luc insiste : Jésus n’est pas un fantôme, il est présent « en chair et en os » (Lc 24, 39). Quel est le statut de ce corps qui est à la fois là et pas là, tout proche et insaisissable ?

creche vandaliseeOn ne compte plus les églises taguées, souillées, incendiées, les statues brisées, les tabernacles fracturés, les tombes violées, les croix renversées. Au total près de mille actes malveillants par an, selon le ministère de l’Intérieur. Cela nous fait mal au cœur.

brouillardSaint Pierre l’affirme : nous devons être toujours prêts à rendre raison de l’espérance qui est en nous (1P 3, 15). Notre première conviction est que tout est grâce. « Au commencement », à l’origine de tout ce qui est, il y a le geste créateur : « Et Dieu vit que cela était bon » (Gn 1). La bénédiction est fondamentale, originelle, définitive.

creche nuitJe regarde ce nouveau-né endormi sur le sein de sa toute jeune mère, enveloppé de langes improbables, où restent accrochés quelques brins de paille, car une mangeoire lui sert de berceau. Je regarde et j’écoute.

Le premier Concile du Vatican (1870) avait souligné la primauté du Pape, son autorité sur toute l’Église, son infaillibilité lorsqu’il proclame solennellement la foi de l’Église. Le Concile Vatican II (1965) a souligné la collégialité, c’est-à-dire le fait que le collège des évêques unis au Pape « est sujet du pouvoir suprême et plénier sur l’Église tout entière » (Canon 336). Cette coresponsabilité s’exprime au plus haut point quand tous les évêques du monde se réunissent en « Concile œcuménique ».eveques

rosace2Notre professeur d’exégèse nous ramenait régulièrement à cette évidence : « Chers amis, il y a quatre évangiles, quatre ! » Certes la bonne nouvelle est unique, c’est l’Évangile avec un E majuscule. Ce n’est pas un texte, c’est un événement, une rencontre, une présence. Le salut ou plutôt le Sauveur : Jésus Christ ! Aucune prédication, aucune écriture ne peuvent tout dire de ce que saint Paul appelle « le Mystère » : « le Christ au milieu de vous » (Col 1, 27 et 2, 2).

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Paul VI : « L’Église existe pour évangéliser ». Jean Paul II : « Une évangélisation nouvelle, par ses méthodes, son langage, sa ferveur ». Benoît XVI : « Ouvrir la voie du salut aux hommes et aux femmes du troisième millénaire, cela n’est pas quelque chose de facultatif, c’est la vocation propre du Peuple de Dieu ». François : « Tous ont le droit de recevoir l’Évangile ».

(extrait d’un article de membres du groupe de travail Famille, LA CROIX du 24 juin 2019)

fuite egypteC’est le nom d’une société qui transforme la procréation en fabrication d’enfant. Distribuer des droits aux personnes qui réclament l’enfant en s’affranchissant de l’enfantement, c’est invalider la procréation comme circulation du don et de la dette symboliques [autrement dit remplacer la grâce d’aimer et d’être aimé par le droit d’avoir et sa conséquence qui est d’être eu – note de Alain Bandelier], c’est instituer un authentique droit à l’enfant, un droit à faire venir l’enfant sans la relation d’enfantement qui est le berceau affectif de sa venue au monde.

La voilà de retour, la question sans cesse débattue et rebattue du « mariage des prêtres ». La dénonciation des abus et des scandales, douloureuse mais ô combien nécessaire, sert parfois d’argument pour réclamer l’abolition de la règle du célibat. Cette logique apparente est en fait odieuse et deux fois trompeuse.

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Benoît XVI a bien vu le drame de notre époque : l’abolition de la transcendance abolit en même temps tout espoir d’unanimité. L’archevêque de Paris l’a dit à sa manière, fin 2018: Il nous faut reconstruire une société fraternelle. Or, pour être frères, encore faut-il une paternité commune. (...) L'oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l'individualisme et le chacun pour soi.

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En préparant les grandes liturgies des Trois Jours saints (le Triduum), j’ai pensé que c’était l’occasion d’une prédication cohérente, du jeudi au dimanche. Je voudrais ne pas me contenter de quelques commentaires successifs de la Parole de Dieu, mais contempler comment ces célébrations de la Sainte Cène, de la Croix et de Pâques nous plongent au cœur de notre vocation chrétienne, c’est-à-dire la foi, l’espérance, la charité. Ou plutôt (dans l’ordre du vécu) croire, aimer, espérer. 

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